La poésie est pour moi une manière de sortir
De ma longue léthargie de handicapé.
Nul besoin d'apprendre quelque manière d'écrire.
Quand on a le cœur qui saigne, il suffit de le laisser couler.
Parce que le monde fait partie de ma personne.
Les pauvres dans les rues,
Les enfants que l'on frappe,
Les femmes que l'on traîne dans la boue,
Les hommes qui s'entre-tuent sur les champs de bataille.
Je fais partie de leur monde, comme ils font partie de moi, de nous..
Alors je prends la plume pour témoigner de leur souffrance.
Et c'est un peu une manière d'exorciser la mienne.
J'ai l'impression de vivre plus près d'eux et même de vivre en eux.
Peut-être parce que je suis tout simplement des leurs.
J'écris, et j'écrirai avec le mal des mots,
Avec le mal des verbes, avec le mal des vers.
Et je déposerais en épigraphe sur chaque manuscrit de mon vivant,
Autant de mots d’amour qu’il existera de douleurs en ce bas monde.
Vous voyez… Je n’ai pas fini d’écrire !...
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