Ses parfums de blés murs, son vent, ses plates terres à l'infini d'où ne sortent que d'ineffables montagnes de terrils créés par les mains des gueules noires. Ses ivresses de joie, sarabandes, serpentins, ses histoires de travailleurs sa mélancolie légère des dimanches après-midi…
S’il existe un lieu quelque part qui ne frémisse mieux que le ventre d'une jeune pucelle, nous y sommes, mon ami.
La lumière de chez nous se caresse du bout des doigts comme la peau d’une femme. Elle fait naître chez celui qui assiste à sa clarté rayonnante de gris comme une étape douillette. Les nuages se font dentelles dans le soir violine.
C’est une étendue de pays fiévreuse de trop de nuages bas, aux bravades célèbres, à l’inébranlable automne qui souvent, malgré elle, soulève son bras pour rappeler au monde qu’ici l’on fût gâtés par le labeur dur mais heureux.
Hier, les champs d'avoine ondulaient comme nos existences quand tu te lèves, le matin, ma femme aux seins si lourds. Ils sont venus les jours malheureux de vacances forcés pendant lesquels, enfin tes bras se se sont posés au cou de ton homme, comme pour le rassurer.
Passeront les jours, passeront les années…
Toujours, je t’aimerai…
Demain, pas de désordre, nous sommes au-dessus des frayeurs, de cet abîme insondable des lendemains….
Aux peines infinies, aux joies de revoir le travail. Chaque baiser donné, chaque baiser reçu...
Essuyons-nous les yeux, l’ouvrage nous attend…Nous mêlons nos transpirations en ce destin si âpre…
Mais quand flamboie soudain ce soleil de juillet, auréolé de pourpre comme ta bouche au goût de miel, tu portes mes enfants comme ma mère m’a porté. L’histoire pour être simple n’en est pas moins belle …. Comme tes yeux, ma douce, au regard apaisant, dans le parfum léger des haies de l’été chaud.
Un oiseau bleu, furtif, passe sous le pommier. Tu chantonnes, ma douce, tu es l’arbre de vie.
Peu importe les jours, laissons là les années…
Toujours je t’aimerai… |